Jérôme Titeca, « Perle Noire », Bruxelles, Belgique


Jérôme, parle-nous un peu de ton parcours en tant que tatoueur.

Alors pour mon parcours j ai appris en autodidacte jusqu’au point où j ai réalisé que je devais passer par la case apprentissage pour passer pro.
Ponch m’a donné cette chance, donc, après un an et demi sous sa tutelle je suis passé pro.

Et depuis janvier 2019, je lui ai racheté l’antenne Perle Noire de Bruxelles.

Quant à mon lien avec le poly, j’ai toujours été visuellement attiré parce que comme c’est séculaire - ça ne souffre pas des effets de mode.
Mon côté un peu pirate m’a toujours attiré vers les îles mais c’est en Belgique que je me suis spécialisé via Ponch, Tehuira et Gus (qui à l’époque travaillaient avec nous).

Je perfectionne encore mon style car c’est l’apprentissage de toute une vie. Je suis surtout attiré par le marquisien et le samoan.

Quels artistes t’ont le plus influencé ? 

Ponch évidemment puisqu il a été mon mentor. Sinon Gus et Teuhira qui travaillaient au shop à l’époque ou j’ai commencé mon apprentissage. Comme Ponch n’était pas tout le temps là, ils m’ont un peu pris sous leurs ailes...

Un jour je galèrais à faire rentrer un symbole dans un dessin qu’on m’avait demandé et je me souviens de Gus qui vient me voir et me dit: entraine-toi à faire entrer n’importe quel symbole dans un rond, un triangle et un carré.

Sinon grâce aux réseaux sociaux (Instagram, surtout) mais là, il y en a un trop grand nombre pour les citer.

Bien sûr toutes ces personnes sont des influences, mais je crée malgré tout des pièces uniques, cela va sans dire !

Es-tu déjà allé en Polynésie ?

Non, je n’y suis encore jamais allé mais c’est en projet.
Ma vie personnelle actuelle fait que ce n’est malheureusement pas possible pour le moment mais ce n’est que partie remise.

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Quels aspects de la culture polynésienne t’intéressent le plus ?

Les motifs ! C’est obsessionnel.

A mes moments perdus, je me creuse la tête à imaginer comment compliquer, simplifier ou assembler un motif avec un autre, les rendre  cohérents seul ou ensemble.

Je dessine énormément et souvent pour rien d’ailleurs - nomdidjou - ça marche pas et d’un coup ma feuille se fait déchirer ou roule en boule à l’autre coin de la pièce ???

Quelles sont les motivations de tes clients pour un tatouage polynésien ?

Deux tiers de mes clients s’intéressent à la symbolique - heureusement, sans ça, j aurais peut-être changé de style. C’est un des points les plus important pour moi.
Bien sur je ne connais pas encore toutes les symboliques et c’est d’ailleurs parfois un casse-tête pour contenter le client.
Après, pour moi, c’est aussi l’idée de ce que le client et le tatoueur veulent faire passer qui prime.

Et puis, il y a aussi le tiers des clients qui veulent « juste un truc beau ».
Ça fait partie du boulot, je suppose.

C’est dommage pour moi de me dire que tu peux graver ta propre histoire et que certaines personnes s’en foutent royalement voulant (photo en main) "CE tattoo-là" !

C’est un manque de respect pour la travail du tatoueur et pour la personne qui porte le tattoo de la photo !

Quelle est ta meilleure expérience dans ton travail ?

Ma meilleur expérience c’est un peu tous les jours quand le client découvre sa pièce finie.

La démarche du free hand en effraye plus d’un; du coup les voir découvrir leur nouvelle pièce devant le miroir, avec la banane affichée, c’est un peu mon moment à moi !

Quelles sont tes autres passions ?

Oscar ! C’est mon fils. Il m’a remis les pieds sur terre et du haut de ses quatre ans, il me vend du rêve jour après jour.
Sinon j’aime la voile. Fous-moi sur un bateau et je suis le plus heureux des hommes !
J’aime voyager (même si c est compliqué pour moi pour le moment). Du coup, je voyage avec la musique.
je suis super éclectique dans mes choix musicaux mais j ai quand même ma préférence pour le reggae bien pêchu et le vieux rock (quand il est bien fait).


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